Basilique de Saint Nicolas de Port

Édifice remarquable par ses proportions, la basilique est source d’interrogation par son histoire, d’étonnement par ses originalités et ses audaces architecturales, d’émerveillement par sa beauté, sa lumière et ses œuvres d’art. Sa visite suscite de nombreuses questions auxquelles une visite guidée permet de répondre. Venez nous rencontrer, nous vous attendons. Rien ne vaut des explications de vive voix !

Historique : un édifice construit par la volonté d’un prince, meurtri par les guerres, restauré grâce à un legs miraculeux.

L’édifice a été construit de 1481 à 1544, à une époque considérée comme l’âge d’or du duché de Lorraine. La ville de Saint-Nicolas-de-Port était alors la plus importante du duché, grâce à sa puissance économique (foires internationales, marchands entreprenants) et à son activité religieuse (pèlerinage européen à Saint Nicolas).

La basilique est une fondation princière. C’est le duc de Lorraine René II qui en décida la construction pour remercier saint Nicolas. Qui fut saint Nicolas ? A quelle période et où a-t-il vécu ? Que sait-on de lui ? Pourquoi le duc a-t-il tenu à honorer le saint de cette façon ? La basilique possède depuis le XIe siècle une relique de saint Nicolas. Comment cette relique y est-elle parvenue et d’où fut-elle apportée ? Honorant saint Nicolas, l’édifice glorifie également les ducs de Lorraine. De quelle manière ?

Pillée puis incendiée en 1635 pendant la Guerre de Trente Ans, elle a subi de nouveaux dommages au début de la 2e Guerre mondiale. Dans les années 1970, elle avait pris l’aspect d’un chef d’œuvre en péril. Aussi l’association « Connaissance et Renaissance de la Basilique » fut créée pour la faire connaître et aider à sa restauration. Mais cette restauration ne put réellement débuter que grâce au legs généreux de Mme Camille Croué-Friedman reçu en 1983. Ce fut pendant plusieurs années, le plus grand chantier de restauration patrimoniale d’Europe financé uniquement sur fonds privés. La basilique a aujourd’hui retrouvé l’essentiel de « sa beauté originelle ». Ce fut le dernier miracle de saint Nicolas ! Qui fut Camille Croué-Friedman pour manifester une telle générosité ?

Mais au fait, qu’est-ce qu’une basilique ? En quoi se différencie-t-elle d’une cathédrale dont elle semble avoir l’aspect et les proportions ? A quel signe, présent notamment à Saint-Nicolas, reconnaît-on une basilique ?

Description : un édifice spectaculaire et inondé de lumière, qui échappe aux normes architecturales classiques.

La basilique est un édifice de dimensions exceptionnelles que lui envieraient de nombreuses cathédrales ; Savez-vous que sa voûte atteint une hauteur proche de celles des cathédrales de Strasbourg ou de Paris ? Que sa façade dominée par deux tours coiffées curieusement de bulbes recouverts d’ardoises est la 3e plus haute façade de France ? Le manque de recul et les puissants contreforts rendent sa verticalité impressionnante. Pourquoi le recul est-il si faible, pourquoi la basilique paraît prisonnière des maisons qui l’entourent, pourquoi de si puissants contreforts ? Un indice : comptez les marches permettant d’accéder à chacun des portails…

La basilique est entièrement réalisée en style gothique flamboyant, homogène et sobre. C’est d’ailleurs la plus vaste église entièrement flamboyante de France. Quelles en sont habituellement les caractéristiques de ce style qui, ici se traduisent avec sobriété ? Toutefois, des marques du style Renaissance sont perceptibles et nous vous les montrerons.

Le plan de l’édifice présente des particularités peu communes. Son  axe est brisé : quelle en est la cause et à quelles contraintes l’architecte fut-il confronté ? Le chœur est dépourvu de déambulatoire ; c’est étonnant pour une église de pèlerinage, mais justifié ici. Pourquoi ? Le transept est géminé et inscrit : en quoi consiste cette configuration unique pour un édifice de cette taille ? Et quelle curieuse impression produit-elle ? Elle a pour conséquence d’avoir exigé de dresser deux audacieuses colonnes isolées paraissant défier les lois de l’équilibre….ce sont les plus hautes de France ! L’une d’elle présente un décor torsadé qui paraît vriller vers le ciel. Cette torsade est-elle purement décorative ? D’autres aspects attestent la technicité des bâtisseurs de l’époque…ils échappent habituellement au regard, mais nous vous les indiquerons. Vous en serez étonné et comprendrez pourquoi, au XIXe siècle, cette église dérouta le premier inspecteur des monuments historiques, Prosper Mérimée.

La luminosité de l’édifice est remarquable. Les facteurs qui ont conduit à ce résultat sont soulignés lors des visites. Certaines baies ont conservé des vitraux dus à de grands maîtres verriers du début de la Renaissance dont l’observation permet de suivre l’évolution des techniques et des représentations. Vous apprendrez aussi ce qu’est une grisaille, une pièce montée en chef d’œuvre…Ces vitraux constituent l’un des plus beaux ensembles verriers d’Europe de cette période.

A l’extérieur, ornant le portail central, une belle statue de saint Nicolas, œuvre d’un auteur inconnu, accueille le visiteur. Mais c’est la seule statue, pourquoi ? Sur le flanc nord, de curieuses niches s’ouvrent dans la paroi, surmontées de crochets en pierre : l’utilisation de ces niches et le rôle de ces crochets vous seront exposés lors de votre venue.

La chapelle des Fonts (baptistère) qui se trouve à l’extrémité du bas-côté nord renferme une cuve baptismale et un autel à retable au décor finement ciselé, encadré de passages qui avaient une surprenante fonction. Laquelle ? Pourquoi ce baptistère, qui est temporairement fermé pour restauration, paraît-il indépendant de l’église ? Sous le chœur, se trouve une crypte à usage funéraire. Qui repose dans cette crypte ? La salle du trésor conserve diverses pièces d’orfèvrerie, notamment des reliquaires, dont l’un en forme de bras renferme la relique de saint Nicolas entourée de pierres précieuses, mais aussi un curieux bateau monté sur roues… L’accès au trésor est possible durant les visites guidées.

La basilique est couverte par une magnifique charpente de chêne installée vers 1664-1666, dont l’accès sera autorisé dans les années à venir, tout comme l’ascension de la tour Nord du haut de laquelle on pourra admirer un large panorama : vers Nancy, à 12 km ou les Vosges, à 65 km !

Les légendes : la basilique est un lieu de mystères, dont l’histoire est émaillée de légendes merveilleuses et de récits rocambolesques.

Les pierres de l’édifice conservent la mémoire de nombreuses légendes et dans ses recoins se chuchotent de curieuses histoires.

En voici quelques-unes qui peuvent être contées lors des visites :

  • la légende des trois petits enfants ressuscités par saint Nicolas
  • les autres miracles de saint Nicolas, illustrés par une série de petits tableaux peints, sorte de bande dessinée du XVIe siècle : les bourses d’or données à trois jeunes filles, les trois officiers qui échappent à l’exécution capitale, les bateaux chargés de grains qui apaisent la famine…
  • le vol rocambolesque d’une relique à l’origine de la gloire de Saint-Nicolas-de-Port
  • la légende du pilier qui pleure
  • les vertus de la « bonne pierre », recherchée par les filles à marier
  • l’étrange aventure du sire de Réchicourt, un chevalier libéré de sa prison de Palestine et transporté instantanément par la voie des airs jusqu’à Saint-Nicolas-de-Port
  • l’émouvante histoire de la pieuse Louise de Vaudémont à l’origine de la plus célèbre chanson lorraine (En passant par la Lorraine avec mes sabots…)
  • l’affaire du trésor volé et réapparu mystérieusement un soir de la Saint-Nicolas
  • la générosité de la « bonne tante d’Amérique » sauve la basilique…
  • De quoi faire rêver les enfants, petits et …grands !